Nouveau Code de la famille : Changements clés pour les familles
La nouvelle loi sur le statut personnel : les principaux changements qui concernent les familles
Les Émirats arabes unis ont promulgué la nouvelle loi sur le statut personnel dans le cadre d'un dispositif législatif avancé visant la stabilité de la famille et la protection des droits de l'épouse, des enfants et des parents. La loi adopte les dispositions de la charia islamique et permet au juge, en l'absence de texte applicable, de choisir les solutions les plus appropriées selon l'intérêt, puis la coutume, d'une manière qui ne contredit ni la charia ni l'ordre public. Vous trouverez ci-dessous une comparaison rapide entre l'ancienne et la nouvelle loi, suivie des principaux changements en détail.
1- Âge du mariage unifié à 18 ans grégoriens
La nouvelle loi fixe l'achèvement de la capacité de mariage à la raison et à l'âge de 18 ans grégoriens, et interdit l'enregistrement d'un contrat de mariage pour quiconque n'a pas atteint cet âge — homme ou femme — sauf autorisation du tribunal après vérification de l'existence d'un intérêt, et conformément aux règles fixées par une décision du Conseil des ministres. Elle accorde aussi à toute personne de moins de 18 ans, si son tuteur refuse de la marier, le droit de saisir le tribunal pour qu'il statue selon l'intérêt.
2- La dot est la propriété exclusive de la femme, avec une réglementation claire de son report
La loi a affirmé que la dot est une somme que l'homme verse à la femme en vertu du contrat de mariage, qu'elle est sa propriété dont elle ne peut être contrainte de disposer de quelque manière que ce soit, et qu'aucune condition contraire n'est reconnue. Elle autorise un accord dans le contrat pour reporter tout ou partie de la dot ; à défaut de report stipulé et de moment fixé pour sa remise, elle est due sur demande. Dans tous les cas, la dot devient exigible lors d'une séparation irrévocable ou du décès de l'un des époux.
3- Patrimoine indépendant et droit de participer au développement des biens
Chaque époux dispose d'un patrimoine indépendant de l'autre ; l'épouse est libre de disposer de ses biens, et l'époux ne peut en disposer sans son consentement. Plus important encore, la loi a consacré un droit pratique essentiel : si l'un des époux participe avec l'autre au développement de biens, à la construction d'un logement ou à des actes similaires, il peut se retourner contre l'autre partie ou les héritiers pour sa part — ce qui protège les contributions financières de l'épouse au sein de la famille.
4- Divorce : une seule répudiation et enregistrement obligatoire dans les 15 jours
Pour préserver la cohésion familiale, la loi prévoit que le divorce répété ou assorti d'un nombre — par parole, écrit ou geste — ne produit effet que comme une seule répudiation. Elle oblige aussi l'époux à enregistrer le divorce devant le tribunal compétent dans un délai maximal de 15 jours à compter de la date où il a été prononcé ; s'il ne l'enregistre pas dans ce délai sans excuse acceptée par le tribunal, l'épouse a droit à une indemnité égale à la pension depuis la date du divorce jusqu'à la date de son enregistrement.
5- La garde s'étend jusqu'à 18 ans pour les deux sexes
Parmi les questions les plus importantes pour les familles : sous l'ancienne loi, la garde des femmes prenait fin lorsque le garçon atteignait 11 ans et la fille 13 ans (avec prolongation judiciaire possible). La nouvelle loi fait cesser la garde lorsque l'enfant atteint 18 ans grégoriens, pour le garçon comme pour la fille ; et si l'enfant souffre d'une maladie invalidante ou similaire, la garde se poursuit dans son intérêt.
La garde est un droit de l'enfant ; elle incombe aux deux parents tant que le mariage subsiste. En cas de séparation, elle revient à la mère, puis au père, puis à la mère de la mère, puis à la mère du père, et le tribunal peut en décider autrement selon l'intérêt de l'enfant — que la loi fait primer sur tout le reste.
6- Tutelle éducative pour la mère gardienne
La loi a introduit une disposition importante qui rend justice à la mère gardienne : elle lui a accordé la tutelle éducative sur l'enfant d'une manière qui sert son intérêt, par exception au principe selon lequel le tuteur supervise l'éducation. En cas de différend sur ce qui sert l'intérêt de l'enfant, l'affaire est portée devant le juge des référés, qui statue en tenant compte des moyens du tuteur, sans préjudice du droit de la mère gardienne à la tutelle éducative.
7- Voyager avec l'enfant et conserver ses documents
Le parent gardien peut voyager avec l'enfant hors du pays avec le consentement écrit de l'autre parent, et le tribunal peut autoriser le voyage pour une ou plusieurs périodes ne dépassant pas au total 60 jours par an, contre une garantie qu'il accepte, avec possibilité de dépasser ce délai pour un traitement, une nécessité ou l'intérêt de l'enfant. Le tuteur peut conserver le passeport de l'enfant sauf au moment du voyage, où il est remis au gardien ; et le gardien peut conserver l'original de l'acte de naissance, la carte d'identité et tous les autres documents justificatifs.
8- Visite de l'enfant (droit de visite)
Si l'enfant est sous la garde de l'un des parents, l'autre peut le visiter, le recevoir, l'accompagner et l'héberger selon ce qu'ils conviennent ; en cas de désaccord, le tribunal décide de ce qu'il juge conforme à l'intérêt de l'enfant. Le jugement de visite est exécuté de force si le gardien refuse, et le juge de l'exécution peut — d'un commun accord des parties — modifier les horaires et lieux de visite d'une manière qui sert l'intérêt de l'enfant.
9- La pension : un concept élargi et la pension des enfants
La loi définit la pension comme un droit de son bénéficiaire, couvrant les nécessités et besoins essentiels en matière de nourriture, vêtements, logement, soins et éducation selon la coutume ; son évaluation tient compte de la capacité du débiteur, de la situation du créancier et de la conjoncture économique dans le temps et l'espace. La pension de l'enfant mineur sans ressources incombe au père jusqu'à ce que la fille se marie ou travaille, et jusqu'à ce que le garçon atteigne la capacité de gagner sa vie, sauf s'il est étudiant poursuivant ses études avec le succès habituel.
10- Des sanctions protégeant les mineurs et les parents
La loi a introduit des sanctions dissuasives pour les actes portant atteinte à la famille. Voici les plus importantes selon le texte de la loi :
Il convient de noter que l'action pénale pour les actes des articles 252, 253 et 254 n'est engagée que sur plainte de l'intéressé, et que l'action s'éteint par désistement avant qu'elle ne soit tranchée par un jugement définitif ; si le désistement intervient après que le jugement est devenu définitif, son exécution est suspendue — laissant place à la réconciliation au sein de la famille (article 255).
Références juridiques
2- Loi fédérale n° 28 de 2005 sur le statut personnel (abrogée).
3- Décisions réglementaires émises par le Conseil judiciaire fédéral en application de la nouvelle loi sur le statut personnel, dont la Décision n° 68 de 2025 relative au règlement de la visite des enfants sous garde.
4- Le Code de procédure civile.
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